Gestion des zones humides

Qu’est-ce qu’une zone humide ?

Les zones humides sont définies dans le code de l’environnement comme « des terrains exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d’eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire ; la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l’année » (Art. L.211-1).

Les critères de définition des zones humides ont été précisés par l’arrêté de 2008. Ils sont relatifs à la morphologie des sols, qui revêt des caractéristiques particulières avec la présence prolongée d’eau et à la végétation qui peut être composée de plantes dîtes « hygrophiles« , avec des besoins élevés en eau. En l’absence de végétation hygrophile ou de végétation spontanée (cas d’une zone cultivée), la morphologie des sols suffit à définir une zone humide.

Les joncs sont des plantes caractéristiques des prairies humides.

Photo d’une prairie humide sur le Dadounet (Tarn)

La préservation des zones humides est un enjeu majeur, inscrit dans le Schéma Directeur d’Aménagement et de gestion des eaux (SDAGE). Celui-ci s’appuie sur la loi sur l’eau de 2006 et intègre la Directive Cadre Européenne sur l’eau de 2000. 

Elles contribuent notamment à atteinte les objectifs de bon état écologique et chimique des masses d’eau dans le cadre de la directive cadre sur l’eau en assurant différentes fonctions :

Physique et biogéochimique : les processus biogéochimiques se déroulant dans les zones humides leur permettent d’assurer un rôle fondamental d’épuration et de zone tampon contribuant au maintien de la qualité de l’eau (apport et dépôt ; reprise de matériaux, filtration, transformation et piégeage des nitrates ou pesticides …) ;

– Hydrologique : les zones humides stockent et transfèrent l’eau qui les traverse. Elles participent au soutien d’étiage, à la recharge des nappes phréatiques, à la régulation des inondations ou des phénomènes d’érosion (stabilité des berges) ;

Écologique : les zones humides sont des écosystèmes complexes qui offrent des conditions de vie favorables à de nombreuses espèces. On estime que 50% des oiseaux et 30% des espèces végétales remarquables et menacées sont inféodés aux zones humides. Elles présentent donc un véritable intérêt patrimonial, elles sont le support d’une grande biodiversité et des corridors écologiques (trame verte et bleue).

Elles rendent ainsi de nombreux services à nos sociétés :

Régulation du climat : elles participent à la régulation des microclimats et à la prévention des risques naturels, en effet le changement climatique se traduit par une augmentation des événements météorologiques extrêmes (sécheresses, inondations ou érosion). Les zones humides jouent un rôle primordial ; elles permettent de diminuer l’intensité des crues et donc de limiter les dommages des inondations entre autres ( Agence de l’eau – Sauvons l’eau! )

Elles stockent le carbone (puit) grâce à leur couvert végétale, notamment par la tourbe accumulée dans les tourbières, à condition de leur bons états écologiques.

Les zones humides font également partie du patrimoine naturel, paysager et historique. Elles jouent un rôle éducatif et culturels (sentiers de découverte, pâturages extensifs avec des races rustiques et les béals).

L’évaluation économique des services écosystémiques rendus par les zones humides permet de prendre conscience de l’importance des zones humides.

Cependant, les zones humides subissent de nombreuses dégradations : assèchement pour l’aménagement, intensification de l’agriculture et urbanisation. On estime que 50% des zones humides ont disparue en France entre 1960 et 1990. Une zone humide dégradée est moins efficace pour réaliser les nombreuses fonctions : moins de stockage de l’eau ou devient une source de carbone au lieu d’un puit de carbone.

Prairie_humide_Assou(affluentDadou)

Prairie humide le long de l’Assou, affluent du Dadou (Département du Tarn)

 

Les zones humides sur le territoire du syndicat de l’Agout :

Sur le bassin versant de l’Agout, il a été recensé environ 3500 ha de zones humides, soit environ 1% de la superficie du bassin versant. Cependant de nombreuses zones humides sont encore à découvrir.

La partie montagneuse du bassin de l’Agout est particulièrement propice pour les zones humides : la nature des sols, la topographie du bassin versant puis la climatologie. En effet, les nombreuses dépressions alimentées régulièrement par des pluies importantes favorisent les tourbières, les sources et les débordements de cours d’eau sont également adéquat à ces espaces humides.  

Les tourbières tarnaises se retrouvent principalement dans les Monts de Lacaune et dans le Sidobre, en effet 57% des zones humides connues sont sur ce secteur (2000 ha).

Les suivis, depuis une vingtaine d’année, des zones humides permettent de comprendre l’enjeux de ces espaces dans la prévention des inondations ou des épisodes de sécheresse.  Elles sont des zones d’expansion de crue (ZEC) le long des cours d’eau, qui permet de stocker provisoirement l’eau et de diminuer son écoulement (inondation PAPI). Elles ont également un rôle fondamental dans la régulation des étiages.

Carte des zones humides connues et inventoriées sur le territoire du syndicat mixte du bassin de l'Agout en juin 2020 (SMBA, PNR Haut-Languedoc, Département du Tarn)

Les actions menées par le syndicat de l’Agout :

Les actions d’inventaires de zones humides sont menées par le syndicat mixte du bassin de l’Agout et le Parc Naturel Régional du Haut-Languedoc.

Dans un premier temps, les zones humides sont visualisées sur le bassin versant par photographie aérienne. La seconde étape consiste à les vérifier sur le terrain et à les délimiter précisément à l’aide de critère floristique et pédologique. Dans un troisième temps, des études complémentaires peuvent être réalisées pour comprendre la fonctionnalité hydrologique et le lien avec le réseau hydrographique (sondes piézométriques, analyses biogéochimiques du sol par exemple).

L’ensemble de ces inventaires ont pour objectif de connaître et ainsi de mieux protéger ou de restaurer les zones humides sur le territoire de l’Agout.

Ces données sont utilisées par exemple lors de l’élaboration du SAGE ou des documents d’urbanisme (Scot ou PLU).

Communiqué de presse pour informer les communes et les habitants
Sondage du sol à la tarière manuelle